Les toitures végétalisées ont le vent en poupe
Une technique très développement durable
Véritable opportunité pour augmenter la surface des espaces verts en ville, la végétalisation des toitures offre de nouvelles possibilités de créer des emprises vertes, là où le regard n’avait pas l’habitude de se porter. Et les toitures végétalisées présentent en plus de réels intérêts pour l’amélioration de l’environnement urbain. Le point sur cette technique, de mieux en mieux maîtrisée par les entreprises du paysage.
Depuis les années 1960 et 1970, les terrasses jardins bénéficient d’un réel intérêt de la part du public. Mais les techniques utilisées au départ souffraient d’un manque évident de performances : les aménagements réalisés étaient souvent trop lourds pour les structures porteuses. La généralisation du concept de végétalisation extensive, dans les années 1980 et 1990, a permis un développement important des toitures-terrasses à l’étranger, notamment en Allemagne, avec 15 millions de mètres carrés aménagés en 2005 (soit 1 m2 sur 6 !), en Suisse, aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche, en Hongrie, en Espagne, au Canada, au Japon et aux États-Unis. En France, sur cette même période, le développement restait timide. Une combinaison de facteurs viennent expliquer ce retard : faible perception des avantages techniques de ces aménagements, absence d’incitations financières ou réglementaires et conscience environnementale encore trop peu développée.
Allier esthétique et qualité de l’air en ville
Depuis l’an 2000, la situation évolue. Nos concitoyens ont pris conscience des enjeux écologiques. Les effets de serre, les changements climatiques, le risque croissant de canicule et d’inondations ou encore la pollution et l’assèchement de l’air des villes sont devenus des facteurs de prise de conscience de l’intérêt des toitures-terrasses. Mais ce ne sont pas les seuls. Des aspects urbanistiques ont aussi apporté leur contribution : difficulté de la gestion urbaine des eaux de pluie, besoin d’intégration des bâtiments dans le paysage et volonté de s’opposer à la minéralisation de l’espace urbain. À cela se sont ajoutées la démarche de haute qualité environnementale des bâtiments (HQE®) et des incitations politiques au niveau des plans locaux d’urbanisme (PLU) et du plan national Santé Environnement (PNSE). Ainsi, l’aménagement de toitures-terrasses s’est fortement développé sur les toits des logements, bâtiments publics, garages, centres commerciaux, bureaux et hôpitaux, etc.
Maîtriser les aspects techniques pour des aménagements de qualité
Aujourd’hui, il existe plusieurs modes de mise en oeuvre : par semis de fragments de plantes ou de semences, par plantation de micro-mottes ou par pose d’éléments précultivés (plaques, rouleaux, bacs). Le choix est dépendant de l’entretien que le maître d’ouvrage est disposé à consacrer ou non à l’installation du tapis végétal ; ce dernier nécessitant d’être continu afin de limiter les risques de contamination. Les végétaux à implanter doivent répondre à des caractéristiques qui seront de véritables clés de la réussite de l’aménagement : résistance à la sécheresse, aptitude à couvrir le sol, résistance au gel, résistance à l’excès d’eau, capacité d’autorégénération et bien sûr un aspect décoratif intéressant. Le choix de plantes adaptées au climat et à l’exposition est, lui aussi, bien évidemment primordial. Dans ces gammes de végétaux, on pourra utiliser des plantes succulentes (type sedum), des plantes vivaces et bulbeuses (type oeillet ou iris), des graminées (fétuques...) ou des petits ligneux (lavandes...). Par ailleurs, il est important de mettre en place un système d’étanchéité adapté (avec une couche antiracines) et performant selon les règles de l’art établies sur ce sujet. Ces aménagements résistent bien au temps. Leur entretien dépend du type de végétalisation implanté. Pour une végétalisation extensive, il peut être très restreint mais n’en demeure pas moins obligatoire et il faut compter, en fonction des végétaux, de une à quatre visites par an. Lorsque les techniques d’aménagement et d’entretien sont bien maîtrisées, les toitures végétalisées présentent de véritables atouts en termes d’esthétique, de gestion des eaux pluviales, d’isolation thermique et acoustique ainsi que d’amélioration de la qualité de l’air. Avec de telles caractéristiques « développement durable », nul doute que le marché des toitures végétalisées va connaître, en France, un véritable « boom » dans les années à venir.
| Végétalisation extensive | Végétalisation semi-intensive | Végétalisation intensive |
|---|---|---|
| Faible entretien | Entretien périodique | Entretien régulier |
| Végétalisation de mousse sédums aux graminées | Végétalisation des graminées aux arbustes | Du gazon aux arbustes et arbres |
| Hauteur du système : de 60 à 200 mm | Hauteur du système : de 100 à 250 mm | Hauteur du système : de 150 à 1000 mm |
| Poids : de 50 à 150 kg/m2 | Poids : de 150 à 200 kg/m2 | Poids : de 150 à 1500 kg/m2 |
| Une protection écologique, la plante remplace le gravier sur la toiture | Une végétalisation avec un entretien plus régulier | Un jardin très entretenu pour toiture plate accessible |
source : Ecovégétal

