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Le génie végétal

Génie végétal

Génie végétal

Les plantes ont la caractéristique d’avoir un système racinaire, qui lui sert à s’ancrer dans le sol, et à prospecter pour trouver les nutriments nécessaires à son développement.  Les techniques du génie végétal consistent à utiliser les propriétés mécaniques et/ou biologiques des plantes pour fixer les sols.  

Ces propriétés permettent ainsi de lutter contre l’érosion des sols, de les consolider et de les stabiliser en profondeur. Que ce soit en milieu aquatique ou terrestre ces techniques permettent de restaurer des espaces naturels dégradés ou de créer des surfaces végétalisées dans des zones arides comme sur les talus routiers ou les versants de voies ferrées, de pistes de ski, de carrières. 

Une dizaine d’entreprises du paysage ont fait leur spécialité de ces techniques mettant en oeuvre uniquement le végétal pour réhabiliter, fixer, dépolluer.   Ces entreprises spécialisées interviennent d’ailleurs en dehors des frontières, en Afrique, en Amérique du Sud ou encore en Asie, où leur expertise est recherchée.

Ce sont en effet des techniques qui nécessitent de la part des professionnels une excellente connaissance des enjeux géologiques et écologiques, des végétaux, mais qui mettent aussi en oeuvre des équipements lourds et spécifiques comme des hydrosemoirs ou des machines pour travailler en rivières. Fascinage à l’aide de fagots, de filets de fibres, brosses de végétaux, filets anticorrosifs, caissons végétalisés, murs de verdure, les techniques sont nombreuses et adaptées à chaque projet avec en point commun les végétaux et la préservation ou le développement de la biodiversité.

3 questions à un spécialiste en génie végétal

Quelles plantes utilise-t-on de préférence? 

Il n’y a pas de plantes à utiliser particulièrement, c’est justement tout l’intérêt de la méthode. Les démarches de génie végétal permettent avant tout de restituer un site à la nature: il n’y a pas de plante miracle pour réussir tous les aménagements; au contraire, chaque site est particulier. Prenons l’exemple d’un aménagement de berge de rivière. La végétation présente naturellement sur le site peut fournir de la « matière première », pieux, branchages et rameaux vivants qui, installés de façon adéquate, assurent la stabilité du sol. Il s’agit donc d’exploiter la « biodiversité ordinaire », c’est-à-dire les éléments fournis sur place par la nature. Leur présence sur le site est une preuve de leur adaptation au milieu, ce qui contribue à perturber le moins possible l’écosystème. Bien sûr, toutes les espèces ne sont pas adaptées à ces pratiques, et les équipes qui travaillent sur ces sites doivent avoir une bonne connaissance du végétal et de ses propriétés. 

Que faut-il savoir pour réussir un tel aménagement? 

Outre une bonne connaissance de la flore locale et des contraintes hydrauliques et pédologiques, le dialogue entre les différents acteurs d’un projet est une clé de réussite. Reprenons le même exemple : l’aménagement d’une berge de rivière a pour objectif de la réhabiliter, pour la préserver, limiter les risques d’érosion, cela afin d’améliorer la qualité de l’eau et du milieu halieutique. Les associations de pêche sont souvent partie prenante de ces projets : soucieux de préserver leurs coins favoris, leurs membres ont aussi une bonne connaissance de la faune et de son équilibre. Elles sont de précieux partenaires avec lesquels le projet est construit, en accompagnant ou en réalisant elle-même la maîtrise d’oeuvre. Sous couvert de la police de l’eau, elles donnent des contraintes en termes de fréquence et de période d’intervention, d’accès au sein du lit mineur afin de préserver l’écosystème. Elles nous renseignent sur les espèces animales présentes, ce qui peut orienter la façon de réaliser un aménagement : ménager des zones spécialement conçues pour ralentir le courant par exemple, qui vont abriter une faune spécifique en créant notamment des zones de frayères. 

Outre la reprise de la végétation, quels paramètres vous indiquent que le site est réhabilité ? 

Plusieurs paramètres nous renseignent : la colonisation par des espèces animales qu’on ne trouvait plus dans la zone concernée par les travaux, la qualité de l’eau, filtrée, voire épurée, et en équilibre au contact de berges naturelles. Quand le site est remis en état grâce au génie végétal, l’action de l’homme ne se voit pas. C’est parfois un peu frustrant pour les équipes ayant réalisé les travaux ! Mais c’est la garantie que l’aménagement est réussi. 

Agissons ensemble pour les générations futures

Le groupe technique de métier Végétalisation et génie végétal (précédemment associé à l’Unep au sein du SNEEP), avait édité en 2008 l’ouvrage Érosion, végétalisation, environnement. Agissons ensemble pour les générations futures. Plus de 80 pages, réalisées par les professionnels et expliquant de manière illustrée les principes, les techniques et les végétaux mis en oeuvre pour lutter contre l’érosion, la déforestation, la perte de biodiversité. L’ouvrage est disponible auprès de la délégation générale de l’Unep.

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